Rouler à vélo après 60 ans : ce que disent les chiffres de la sécurité routière
Bilan 2025 de l'ONISR : la moitié des cyclistes tués avaient 65 ans ou plus. Ce que disent ces chiffres, ce qu'ils ne disent pas, et ce qu'on peut en tirer.
Photo : Owen Wei, licence Unsplash.

Un chiffre circule, et il est exact : en 2025, la moitié des cyclistes tués sur les routes de France métropolitaine avaient 65 ans ou plus. Mais un chiffre sorti de son contexte fait peur sans aider personne. Voici ce que dit vraiment le dernier bilan officiel, ce qu’il ne permet pas de conclure, et ce que vous pouvez en faire. Ils complètent nos repères de sécurité à vélo.
D’où viennent ces chiffres
Ils viennent de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), qui publie chaque année le bilan des accidents enregistrés par les forces de l’ordre. Le bilan définitif de l’année 2025 est paru le 29 mai 2026. Dans ce document, un « senior » est une personne âgée de 65 ans ou plus, sauf mention contraire. Les chiffres ci-dessous concernent la France métropolitaine.
Les chiffres 2025 pour les cyclistes
Le bilan compte « 235 cyclistes (dont 207 hommes) » tués en 2025, soit 11 de plus qu’en 2024, et 2 800 blessés graves, en hausse de 9 % sur un an.
La phrase qui concerne directement les lecteurs de papivelo est la suivante : « 50 % des cyclistes tués sont âgés de 65 ans ou plus ». La moitié, donc.
Pour le vélo à assistance électrique, l’ONISR compte 31 tués en 2025, un de moins qu’en 2024, et précise : « Les plus de 65 ans, sont les plus représentés avec 16 tués. » Là encore, un peu plus de la moitié.
« Seuls dans leurs accidents » : ce que cela veut dire
Le bilan contient une phrase plus technique : « 62 % des cyclistes PR sont seuls dans leurs accidents. »
PR signifie « présumé responsable ». Le glossaire de l’ONISR le définit comme une « personne dont la responsabilité dans un accident de la route est présumée par les forces de l’ordre », indépendamment de toute décision de justice ultérieure. La phrase veut donc dire ceci : parmi les cyclistes que les forces de l’ordre estiment à l’origine de l’accident, plus de six sur dix étaient seuls en cause, sans autre véhicule ni piéton impliqué.
Un autre passage du bilan va dans le même sens, cette fois pour tous les cyclistes tués : « 41 % des cyclistes » décèdent « dans un accident sans antagoniste », c’est-à-dire sans tiers impliqué. Par exemple une chute ou une perte de contrôle.
Attention au mot « seul ». Il ne veut pas dire que le cycliste roulait sans compagnon. Il veut dire qu’aucun autre usager n’a participé à l’accident.
Et tous modes de déplacement confondus
Au-delà du vélo, l’ONISR relève que, tous modes confondus (piétons, automobilistes, cyclistes…), « les seniors âgés de 75 ans ou plus sont ensuite les plus à risque d’être tués (1 fois et demi par rapport à la moyenne) », juste après les 18-24 ans. Le bilan compte 538 tués de 75 ans ou plus en 2025. Rapporté à la population, il donne 70 tués par million d’habitants pour les 75-84 ans et 83 pour les 85 ans ou plus.
Ce que ces chiffres ne disent pas
Une part n’est pas un risque. Savoir que la moitié des cyclistes tués avaient 65 ans ou plus ne dit pas si un cycliste de 70 ans court plus de risque, par kilomètre parcouru, qu’un cycliste de 40 ans. Pour le dire, il faudrait connaître les distances roulées par chaque âge. Nous n’avons pas trouvé de chiffre récent de ce type pour les cyclistes de 65 ans et plus : cette donnée est inconnue à ce jour.
Une étude de la FUB, la fédération des usagers de la bicyclette, menée pour la Délégation à la sécurité routière en 2020 auprès d’utilisateurs de vélos électriques, apporte un éclairage utile. Elle constate que les risques de collision et surtout de chute augmentent avec l’âge, « mais dans le même ordre de grandeur que pour les piétons ». Elle en conclut que ce n’est pas le type de vélo qui est en cause, mais le vieillissement, et ajoute : « le vélo est un excellent retardateur de ces pertes de capacité ».
Autrement dit, selon cette étude, le risque tient d’abord à l’âge, pas au vélo, et la pratique du vélo aide à entretenir les capacités que l’âge érode.
Ce que vous pouvez en tirer
Les chutes sans tiers : soigner les moments délicats
Puisqu’une grande partie des accidents mortels à vélo n’implique personne d’autre, une bonne part de la prévention est entre vos mains. La même étude de la FUB note des déséquilibres au moment d’enfourcher le vélo ou d’en descendre, surtout avec un vélo électrique plus lourd. Elle recommande aux fabricants une selle « un peu plus basse » pour gagner en stabilité. Nous détaillons ces gestes dans monter et descendre d’un vélo électrique sans chuter et dans nos conseils de remise en selle. Si l’équilibre à l’arrêt devient un vrai souci, un tricycle peut être une réponse, à condition d’apprendre à le conduire.
Être vu
Les collisions avec un autre usager existent aussi. Le minimum légal, rappelé par Service-Public.fr : un feu avant blanc ou jaune, un feu arrière rouge non clignotant, des catadioptres, et un gilet de haute visibilité hors agglomération la nuit ou quand la visibilité est insuffisante. Notre liste des équipements obligatoires se coche rapidement. Nous détaillons aussi comment se placer en ville, carrefours et angles morts compris.
Rouler seul ou accompagné
Rouler à plusieurs ne change rien à la définition statistique de l’accident « seul ». En revanche, cela change tout après une chute : quelqu’un est là pour aider ou appeler. La Haute Autorité de santé, dans sa fiche sur l’activité physique des personnes âgées, conseille : « ne soyez pas seul ou ayez un téléphone portable pour alerter en cas de besoin ». Si vous roulez seul, dites à un proche où vous allez et quand vous pensez rentrer.
Le casque : pas obligatoire, mais recommandé
Après 12 ans, le casque n’est pas obligatoire. Service-Public.fr précise qu’il est « recommandé à partir de 12 ans ». La Sécurité routière indique que « porter un casque réduit de 70 % la gravité des blessures à la tête lors d’un accident ». Or l’étude de la FUB relève que, chez les utilisateurs de vélos électriques, « plus l’âge augmente et moins ils portent de casque ». C’est l’inverse de ce que suggèrent les chiffres d’accidents : choisissez un casque à votre taille, léger et facile à attacher, pour avoir envie de le mettre.
Ces chiffres ne sont pas une raison de ranger le vélo. Ils indiquent où porter son attention : les arrêts et les départs, la visibilité, et ce qui se passe si l’on tombe.
Sources
- Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), « L'accidentalité routière en France. Principaux résultats 2025. Données définitives », 29 mai 2026. Consulté le 29 octobre 2026.
- FUB, étude pour la Délégation à la sécurité routière, « Vélo à assistance électrique. État des lieux et enjeux de sécurité routière. Mieux sécuriser la mobilité des séniors », juin 2020. Consulté le 29 octobre 2026.
- Haute Autorité de santé, « Vous avancez en âge. L'activité physique pour votre santé (fiche patient) », décembre 2022. Consulté le 29 octobre 2026.
- Service-Public.fr, « Équipements obligatoires à vélo », vérifié le 10 juin 2026. Consulté le 29 octobre 2026.
- Sécurité routière, « Circuler à vélo en toute sécurité (dépliant) », date non affichée (mis en ligne en octobre 2023). Consulté le 29 octobre 2026.
Article préparé avec l'aide de l'IA. Notre méthode
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